AUDENARDE

Lot 1
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35 000 - 45 000 EUR

AUDENARDE


Beau panneau de tapisserie d’Audenarde (Flandres), de la fin du XV°- début XVI° siècle.
Au loup et au sanglier, au loup-cervier et au Phénix
En laine et soie.
Bel état de conservation.
Belle fraîcheur des coloris.
Quelques restaurations d'entretien.
Ht. 310cm - Larg. 255cm
Une tapisserie de la même série avec une bordure similaire est reproduite dans l’ouvrage de J. Boccara « Ames de laine et de Soie » Celle-ci est nommée « Feuille de choux au Taureau » on l’on voit un Auroch et un Phénix. C’est en effets aux « verdures » qu’Audenarde doit sa célébrité, et cette réputation est restée attachée à cette ville, même si l’on y produisit également autre chose. Ces tapisseries à verdure d’Audenarde étaient déjà exportées vers l’Italie en 1538. Les cartons des « verdures » dont le fond était rempli de plantes à grandes feuilles – probablement des feuilles d’acanthe et non des feuilles de choux – et peuplé d’animaux et d’oiseaux de toutes sortes, étaient généralement utilisés à tour de rôle et selon la disponibilité des métiers et la fluctuation des prix, dans les centres d’Enghien, de Gramont et d’Audenarde, très proche les uns des autres. Très souvent, donc, ces tapisseries étaient peuplées d’animaux aussi bien nobles, que fantastiques et même légendaires. Montrant ainsi que la faune fantastique vivait bien dans toutes les contrées, même aux abords des habitations.

Ces tapisseries devaient être propices pour raconter des histoires de chasses, des comtes et des légendes durant les soirées. En des époques où l'on confondait volontiers le réel et le fabuleux, certains animaux avaient une place particulière dans l'imaginaire populaire. Le lynx était de cela, il était à la fois réel et considéré aussi comme fabuleux. Nos anciens connaissaient, pour le côtoyer dans nos campagnes, un animal en tous points semblable à celui que nous appelons aujourd'hui lynx et qu'ils appelaient loup-cervier. Ces naturalistes d'une autre époque, influencés par la mythologie, les alchimistes et les poètes prétendaient que le lynx ou lynx était un animal fabuleux mais bien réel, au même titre que les dragons, les chimères ou les centaures. Ils avaient des preuves: Lorsqu'un lynx a pissé, son urine se glace. Il se forme une pierre luisante de la longueur du petit doigt qu'il recouvre de terre. Ce joyau, appelé « Lapis lyncis » se trouvait en abondance dans la région de Caen en Normandie. Les septiques prétendent qu'il s'agit de pierre d'ambre jaune ou succin mais il semblerait que ces pierres soient en réalité des bélemnites, des céphalopodes fossiles qui ont la forme d'une balle de fusil. Lynchée, l'argonaute, est l'éponyme du lynx car comme lui, il avait un discernement si subtil qu'il voyait jusqu'aux enfers. Ne dit-on pas qu'un prince a des yeux de lynx, lorsqu'il est si pénétrant dans les affaires, et qu'il a de si bons espions, qu'il découvre tous les secrets de ses ennemis et tout ce qui se passe dans ses états. Au 18e siècle la question se pose encore parmi la communauté scientifique. Les modernes le croient fabuleux puisqu'il a la faculté de voir au travers des murailles. Mais un nommé Jonston prétend qu'il est bien réel puisqu'il n'est autre que le loup-cervier. Saliger précise même qu'il s'agit du mâle de cette espèce. Nous sommes lynx envers nos pareils et taupe envers nous-mêmes. C'est la même histoire que la paille et la poutre dans l'œil, nous voyons les plus faibles défauts des autres, mais nous ne voulons pas voir nos propres imperfections. Gaston Phébus dit que "les uns l'appellent loups-cerviers, les autres chatz-lous". Il ajoute "le loupcervier se différencie du chat forestier par sa taille et par les taches qui ornent son pelage" et hasarde "les poils qui forment des toupets à l'extrémité des oreilles serviraient à sentir la direction du vent". Dans le Sud-ouest de la France du 15e siècle, où Gaston comte de Foix avait ses terrains de chasses, les chats forestiers, « felis silvestri », et les lynx étaient encore nombreux.

Documentation : Jacqueline BOCCARA « Ames de laine et de Soie » aux Éditions d’ART MONELLE HAYOT ; Saint-Just- Enchaussée, 1988.

Bordure à compositions de gerbes de fleurs, feuillages et fruits
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